Mise en pratique de la décroissance – cas 2 🙂 La dette publique . Pour ceux qui s’intéressent à la post croissance, le poids de la dette et surtout le rapport de la dette à la richesse nationale, constitue l’un des principaux leviers du changement (travaux du Post Growth Institute). Ceci est vrai à la fois pour les pays du Nord et les pays du Sud 🙂 On peut mettre en système tous les leviers d’une dette publique et arriver au constat suivant: ce fardeau empêche (1) tout changement du système économique, (2) tout investissement massif dans les ENR, (3) tous les projets de renoncement aux énergies fossiles (dans le cas présent, le capital doit tendre vers 0 donc il faut tout amortir en un temps rapide ou alors provisionner des pertes). Bref, la dette est un point levier.
Emmanuel Macron et ses ministres nous martèlent depuis des mois, que la décroissance est un retour à l’âge des cavernes, que ce n’est pas la voie choisie par le gouvernent. Oui mais voilà, la décroissance en tant que projet politique repose sur un contrat social, sur lequel la société et le gouvernement pourraient s’appuyer.
Prenons le cas de la France et faisons une politique fiction. La dette publique française est constituée d’une dette négociable (contractée sous forme d’instruments financiers échangeables sur les marchés financiers, généralement des obligations et des bons du Trésor) et une dette non négociable (elle correspond aux dépôts de certains organismes tels que les collectivités territoriales, les établissements publics… sur le compte du Trésor et constitue un moyen de financement de l’État). La dette négociable de l’Etat est estimée par l’Agence France Trésor à 2 352 milliards d’euros, les taux d’intérêt actuels de remboursement de la dette sont compris entre 2,8 et 3% (je vous laisse faire le calcul de charges de la dette par an). La dette totale serait proche de 3 000 milliards d’euros.
La décroissance prône un retour à la dette 0, non pas en annulant la dette publique (ce que j’aurais bien aimé) mais via un contrat social qui engagerait le gouvernement à respecter toutes les prescriptions du GIEC et à se retirer complètement des énergies fossiles d’ici 2030 (pas 2050). Le remboursement de la dette publique serait prise par les citoyens – nous sommes 68 millions avec 3 000 milliards € de dette, cela fait 44€ par personne (on pourrait imaginer un système plus complexe reposant sur nos déclarations fiscales).
Le parlement, la cour des comptes et le CESE (plus une institution indépendante à mandater) pourraient garantir la bonne exécution du contrat.


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